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Hiva Oa - 6 mars 2006
Ouverture du Festival des Marquises

 
Le canon face de dessous.
Photo © Robert Veccella – GRAN 2006
 

Eric le Lyonnais, notre directeur de plongée, nous avait annoncé que son navire risquait de ne pas être disponible en début de semaine en raison du festival qui débute ce lundi. Hier au soir, après la présentation de nos premiers résultats au centre Gauguin, il n’était pas encore certain de son planning du lendemain. Il a été vite fixé : tous les bateaux sont réquisitionnés pour le transport des passagers vers Tahuata. Aujourd’hui, il n’a pas fait un seul aller-retour comme il le pensait, mais quatre ! Nous avons dîné ensemble ce soir pour déterminer le programme de la fin de la semaine, mais visiblement il n’avait qu’une hâte c’était de passer une bonne nuit de sommeil pour récupérer de sa dure journée en mer !

Nous avons profité de ce calme pour mettre au propre les notes de la semaine passée et de rattraper le retard accumulé : celui qui ne nous lâche pas facilement…

 
 

Esquisse du canon.
Dessin © Robert Veccella – GRAN 2006

Christiane reprend les notes de plongée, positionne les dernières ancres relevées, note les profondeurs des points particuliers et met au propre le quadrillage qui nous permettra lors des prochaines plongées de dessiner une vue d’ensemble du site.

Il y quelques années, l’antenne du GRAN, à Tahiti, avait été contactée par monsieur Jean-François Fonteneau, l’ancien Directeur du Collège Saint Anne à Atuona pour nous signaler la présence d’un petit canon dans le jardin de l’établissement. Nous avions échangé plusieurs courriers à ce sujet. Un premier croquis avait été fait à l’époque à partir des informations envoyées, cette fois un relevé minutieux a été réalisé.

Il s’agit un petit canon trapu de 93 centimètres hors-tout pour une longueur de 73 centimètres du plan de la gueule à l’arrière de la bande du cul-de-lampe. Il est très oxydé mais se desquame peu extérieurement. Une plate-bande de 4 centimètres supporte une surépaisseur de métal où se loge la mise à feu, il n’y a pas de trace de support. La volée est en deux parties et la tulipe dans l’alignement du fût à deux moulures dans lesquelles se loge le viseur. Le diamètre de l’âme à la gueule est d’environ 12 centimètres, il est possible que l’intérieur soit plus petit. Il s’agit d’une petite caronade à tourillon qui n’est pas de fabrication anglaise et pourrait être française ou américaine.

 
Prise de vue du canon.
Photo © Robert Veccella – GRAN 2006
 

Aucune inscription n’est visible et il est fort possible que des détails puissent nous avoir échappé en raison de l’état de surface. L’intérieur est « accessible », il est fortement corrodé. L’Armée aurait enlevé récemment le projectile qui se trouvait à l’intérieur..

Les pièces d’artillerie sont fréquentes dans toutes les îles de Polynésie. Ces petites pièces d’artillerie constituaient l’armement défensif des navires de commerce. Les naufrages sont souvent à l’origine de leur présence au fond de l’Océan Pacifique et sur les côtes des îles de nos archipels. Les pièces d’artillerie ont plusieurs vies, après leur carrière maritime, on en retrouve souvent comme bittes d’amarrage sur les quais, chasse-roues aux portes des entrées des hôtels particuliers, sentinelles verticales aux abords des bâtiments administratifs ou bien sur un socle dans un square. D’autres reprennent la mer, mais le plus souvent à fond de cale comme lest permanent. Leur longévité peut être importante, un vieux canon peut se retrouver sur un navire 100 ou 200 ans après qu’il ait été fondu.

Le canon du collège Saint Anne sera très facilement identifiable, nous avons déjà notre petite idée mais pour le mettre en relation avec un navire cela sera  plus difficile.

Rédacteur :: Robert Veccella

      © GRAN 2006