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| Hiva Oa - 5 mars 2006 |
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Présentation des premiers résultats de l’opération aux autorités
Samedi, en fin d’après-midi, nous sommes conviés à une réunion informelle au cours de laquelle Monsieur Paul Tetahiotupa, Administrateur des Iles Marquises et Monsieur Guy Rouzy, le Maire de la commune de Hiva Oa, nous demandent de présenter le lendemain soir les premiers résultats de l’opération à la délégation des représentants de l’Etat et de la Polynésie française venue pour le festival des Arts des Marquises qui se tient sur l’île de Tahuata. Restait à trouver un projecteur vidéo, les cordons de connexion et aussi l’ordinateur compatible ! Mais ce ne sont là que problèmes matériels et tout est réglé grâce au jeune instituteur de l’île, Yann Lebronnec. La délégation est composée de Madame le Haut Commissaire de la République, du commandant de la Gendarmerie, des ministres polynésiens chargés de la culture et du développement des archipels, de plusieurs élus de l’assemblée de Polynésie, de plusieurs agents de cabinets ministériels et, lors de notre intervention, se sont joint des conseillers municipaux.
La visite du complexe culturel municipal dédié au peintre Paul Gauguin terminée, la délégation, guidée par le Maire de la commune, est conviée à assister à notre présentation dans la dernière salle. Après les remerciements, la bienvenue des autorités et les présentations, nous commençons notre exposé devant un public d’une cinquantaine personnes particulièrement attentives : « Notre mission consiste à expertiser un site subaquatique où de nombreuses ancres en pierre ont été perdues par les pêcheurs Marquisiens. Cette opération, placée sous la tutelle du Ministère de la Jeunesse, de la Culture et du Patrimoine, est réalisée par le Groupe de Recherche en Archéologie Navale avec la collaboration du Service de la Culture et du Patrimoine. Le site se trouve sur la côte sud-est de Hivoa Oa, dans le canal du Bordelais à proximité d’une pointe rocheuse : dont le nom marquisien est Pihahu. C’est une zone qui s’inscrit dans un triangle d’environ 100 mètres de côté. Nous l’avons prospectée en totalité, mais nous avons concentré notre étude sur un carré de 10 x 10 mètres particulièrement dense en objets. Le site se présente en trois parties :
Les objets se trouvent principalement dans les interstices, entre les rochers. Nous les avons matérialisés par des rubans de marquage. Les ancres sont de trois types avec de multiples variantes, il n’est pas interdit de penser que d’autres objets s’y trouvent également. Le premier type, le plus commun, est une ancre réalisée à partir d’une grosse pierre de 20 à 30 cm dont une gorge et un tenon sont taillés en partie haute. En fonction de la forme de la pierre son profil peut s’éloigner du type « standard ». Le second type est une pierre oblongue ou cylindrique comportant une gorge taillée à la partie médiane. Elles sont relativement moins nombreuses que les précédentes. Enfin, en quelques exemplaires, les ancres percées à partir d’une pierre plate et circulaire. Le trou est soit au centre soit excentré.
Nous venons de vous présenter brièvement les caractéristiques des objets et du site subaquatique mais il n’est nécessaire de faire une étude des vallées adjacentes pour ne pas isoler notre travail du contexte terrestre. Deux vallées se trouvent au nord du site dans une baie commune distante d’environ 400 mètres. Elles ont fait l’objet d’une prospection par Catherine Chavaillon, prestataire pour le service de la Culture et du Patrimoine. Hanatoutoa, la première vallée a livré une structure (fondation d’habitat) et un polissoir en pierre basaltique à proximité de la plage. De nos jours, cette structure est encore occupée sporadiquement par des pêcheurs. La deuxième vallée, Hananaunau, n’a qu’une plage de galet. Immédiatement à l’arrière de celle-ci se trouvent des plates-formes. Là encore, il semble que ces structures ont été occupées par une population de pêcheurs. La moyenne vallée contient divers sites dont l’un d’eux est très certainement cérémoniel. Ces deux vallées sont en communication avec la grande vallée de Taaoa par un ancien sentier aménagé de 3,5 km qui franchit le col de Teavanui. Enfin, sur les plages de ces deux vallées, de nombreuses grosses pierres roulées ont sans doute servi de matière première pour fabriquer les ancres trouvées sur le site.
Dans le cadre de l’inventaire archéologique subaquatique des Marquises, les vestiges d’un naufrage nous ont été signalés comportant : deux chaudrons, une brique réfractaire et une barre métallique. Forts ces indications, nous avons prospecté la zone probable sans pouvoir retrouver le site indiqué, mais nous avons repéré une dizaine d’ancres en pierre. Il faut noter qu’une dizaine de naufrages survenus aux Marquises au XIXème siècle sont connus. En conclusion, le site de Pihau est un site intéressant en raison de la densité et de la variété des objets s’y trouvant, mais il y a beaucoup d’autres sites à étudier aux Marquises. » A la fin de l’exposé, Mr. le Maire de Hiva Oa, prend la parole, puis des questions sont posées par le public. Enfin, le Ministre de la Jeunesse, la Culture et du Patrimoine prononce quelques mots de conclusion. |
| Rédacteurs :: Christiane Dauphin et Robert Veccella |
| © GRAN 2006 |