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| Hiva Oa - 1er mars 2006 |
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Les sentinelles gardent bien le site.
Depuis plusieurs jours une certaine agitation est sensible à Hiva Oa. Le festival des Marquises qui se tient dans deux jours sur l’île de Tahuata déplace les foules. Quand nous rentrons après notre journée sous l’eau, des Marquisiens qui vivent à Papeete attendent la navette pour se rendre dans leur famille de l’autre côté du canal du Bordelais, la « goellette » Taporo VI est arrivée ce matin, l’Aranui est attendu pour demain. Ces deux navires mixtes arrivent de Tahiti. La visite du gouvernement de la Polynésie qui vient assister aux festivités est annoncée. Par ailleurs les tambours et les chants Marquisiens retentissent dans tout le village, les répétitions vont de bon train, le mini festival est en effet une répétition en vrai gardeur avant les concours de danses et de chants en juillet prochain à Papeete. Revenons à la journée que nous venons de passer... Nous complétons le quadrillage de la zone mais pour une mission aussi courte, il faut être performant et trouver des solutions adaptées. Les cordelettes sont mises en place, pourtant nous nous sommes aperçu que les deux d’entre elles distantes de vingt mètres ne sont pas parallèles. Nous avons aussi mis en place une cordelette nord/sud afin de réaliser un profil perpendiculairement à la falaise. Nous avons décidé de prendre un carré délimité par les deux axes de référence et de faire le relevé de chaque pierre taillée s’y trouvant. Ce relevé se limite au positionnement de chaque objet, d’une indication concernant le type d’ancre (les ancres à gorges, celles percées sont moins courantes mais des indications sur des types particuliers de tenons sont aussi notés).
Pendant que nous situons les ancres dans le carré, une seconde équipe pointe les objets : dans la première zone sud (20 m x 60), seulement une dizaine d’ancres sont comptabilisées ; dans la deuxième zone contiguë, ce sont par contre plus de 80 ancres qui sont visibles. Nous avons donc bien fait de changer notre zone de travail. Pendant ce temps, Yann, le photographe, réalise un cliché individuel pour chaque pierre localisée. Lors de la première plongée de la journée, nous avons eu la désagréable surprise de rencontrer de nombreuses méduses et autres animaux urticants sur les six premiers mètres de profondeur. A la descente, le temps passé aux contacts de ces charmantes bestioles n’est pas très long, par contre, lors des paliers, nous n’avons qu’une hâte c’est d’en finir le plus rapidement possible. Les piqûres ne sont pas insupportables mais cependant assez désagréables rappelant celle des moustiques. Le réflexe de se frotter à l’endroit de l’irritation est à éviter car cela a l’inconvénient d’étaler les filaments et d’augmenter la surface atteinte ! Cette couche, cette soupe plus exactement, a été apportée par la houle du sud qui s’est levée. Ce désagrément est compensé par le spectacle de la multitude de poissons qui viennent se nourrir des méduses, et servent à leur tour de repas pour des plus gros poissons comme de thonidés, enfin sa majesté la raie manta rôde toujours sur les lieux.
Il semble très probable que ce site est un coin de pêche que les anciens utilisaient assidûment. Enfin, les éboulis sont des gîtes idéaux pour les murènes qui semblent vouloir être les gardiennes du site. Demain, Eric Olivier et Catherine Cavaillon qui ont en charge l’inventaire du patrimoine terrestre seront avec nous pour une prospection à proximité de notre site dans les deux vallées adjacentes. Gérard Guyot, le correspondant de la Dépêche de Tahiti doit aussi se joindre à nous pour rédiger un article décrivant une journée de travail sur un site chantier archéologique subaquatique.
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| Rédacteur :: Robert Veccella |
| © GRAN 2006 |