jeudi 7 juillet 2005
Musée National du Bardo (Alger)
Par/By Noé, jeudi 7 juillet 2005 à/at 19:24 :: Documents Alger 2005
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HISTORIQUE ET PRESENTATION DU MUSEE
Située dans la banlieue algéroise de Mustapha Bacha, le monument du Bardo aurait été bâti, à la fin du 18e siècle, par un riche tunisien exilé « Hadj Ben Omar » afin de servir de résidence d’été pour l’accueil des notables de l’époque.
En 1879, une extension a été construite par le dernier propriétaire, un Français nommé M. Joret. Celle-ci devait servir d’écuries et de remises.
En 1930, lorsque l’édifice fut inauguré comme Musée de Préhistoire et d’Ethnographie à l’occasion du centenaire du colonialisme en Algérie, le monument du Bardo fut destiné à l’exposition des collections ethnographiques, tandis que l’extension fut consacrée à la Préhistoire.
Depuis, le Musée du Bardo, nommé ainsi dès sa création et devenu Musée National du Bardo en 1985. Le musée abrite des collections non seulement algériennes mais également étrangères. Généralement, les objets préhistoriques proviennent des fouilles ou sont acquis dans le cadre d’échange avec les institutions des pays étrangers. Quant aux pièces ethnographiques, celles-ci sont acquises soit par achat ou par des dons.
La cours de marbre à l'intérieur du Musée du BardoLa similitude de certains motifs et de certaines formes et techniques témoigne de la pérennité de la culture algérienne de la Préhistoire à l’époque actuelle. Ce lien justifie la coexistence des deux disciplines préhistorique et ethnographique dans le Musée National du Bardo, classé comme « Monument Historique » en septembre 1985.La Préhistoire
Dans la partie préhistoire, quatre thèmes sont représentés :
- Les cultures humaines et leurs traces matérielles (matériel lithique, osseux et métallique, produits artistiques, poteries, etc.) ;
- L’anthropologie physique (restes humains) ;
- La paléontologie (ossements animaux) ;
- L’archéobotanique (quelques restes végétaux).
De façon générale, l’exposition est présentée dans l’ordre chronologique permettant ainsi au visiteur de connaître et de bien suivre l’évolution humaine et ses cultures à travers les différentes périodes préhistoriques : Paléolithique inférieur, moyen et supérieur, Néolithique, et enfin la Protohistoire ou Âge des métaux qui est une période intermédiaire entre la Préhistoire et l’Antiquité.
La cours de marbre à l'intérieur du Musée du Bardo
Ces périodes sont représentées dans deux grandes salles précédées par une salle d’introduction à la Préhistoire dans le monde et notamment en Algérie.
Une quatrième salle est consacrée à l’art préhistorique d’Algérie représenté par l’art rupestre algérien, qui est de réputation internationale, et l’art mobilier figuratif du Sahara méridional, celui-ci est très typique n’ayant pas d’équivalent ailleurs.
Enfin, bien que d’époque récente (4e ou 5e siècle Apr.-J.), l’illustre et la mythique Tin Hinan qui est l’ancêtre maternelle et la reine des Touareg de l’Ahaggar, ainsi que son mobilier, sont exposés de façon permanente dans une salle à part « Salle de Tin Hinan », inaugurée le 18 avril 2005 à l’occasion du mois du patrimoine.
Selon une légende locale, l’arrivée de Tin Hinan dans la région d’Abalessa située à 80 km à l’ouest de Tamanrasset (capitale de l’Ahaggar), serait à l’origine de la fondation de la société Targui de l’Ahaggar. Le squelette découvert dans le monument d’Abalessa en 1926 lui a été attribué.
Le mobilier très varié qui accompagnait la sépulture (bijoux, fragments de poteries, de cuire et de bois, statuette féminine, etc.) est exposé dans des vitrines. Pour la sépulture même, la tombe de la chambre funéraire a été reconstituée et placée au centre de la salle, de même qu’une maquette du monument d’Abalessa a été réalisée et mise dans un coin de la salle.
Pour finir, dans cette salle sont affichés une carte de localisation du site d’Abalessa ainsi que plusieurs textes illustrant la tradition orale de Tin Hinan, les recherches archéologiques dans les chambres du monument et l’architecture de celui-ci, l’étude anthropologique du squelette, l’étymologie du nom de Tin Hinan et les anciens écrits sur cette femme qui a polarisé le souvenir de toute une population depuis des siècles.L’ethnographie
Deux types d’expositions sont présentés dans la partie Ethnographie :
- Expositions d’objets ;
- Reconstitutions d’espaces : le café maure, le bain maure, la chambre de la favorite et la salle algéroise au 19e siècle qui est une reproduction du tableau de De la Croix. Toutes ces reconstitutions rappellent la vie et les occupations domestiques de l’époque.
De façon générale, dans le monument du Bardo, l’exposition ethnographique est divisée en quatre domaines :
- Ethnographie citadine : On y trouve les reconstitutions déjà citées ainsi que l’exposition d’objets fabriqués et utilisés dans les milieux citadins : dinanderies, mobilier en bois, cafetières, encensoirs, costumes et leurs accessoires, armes et instruments de musique.
- Ethnographie rurale : Cette partie concerne notamment les poteries, la vannerie, le tissage et la parure féminine. Ces différentes pièces très diversifiées et à décor généralement géométrique, caractérisant la production ethnographique de l’Algérie, proviennent de nombreuses régions du pays.
- Ethnographie saharienne : On y retrouve également la vannerie fabriquée dans les régions sahariennes dépourvues de terre argileuse.
- Ethnographie maghrébine : Le Musée National du Bardo abrite également de grandes et belles collections de provenance du Maroc, Tunisie, Libye et Mauritanie. Ces collections sont représentées par des céramiques, des bijoux, des costumes, etc. Une salle a été consacrée à l’exposition de ces pièces afin de montrer d’une part la ressemblance qui peut y avoir entre les produits de ces différents pays voisins et d’autre part la spécificité dans le travail de chaque.
Dans cette partie, une reconstitution a été réalisée dans la salle des Touareg, reproduisant la vie nomade ainsi que la production matérielle de cette population saharienne comprenant les costumes, le cuir, les ustensiles en bois, les pilons et mortiers, les selles de chameau, les jouets fabriqués par les enfants Touareg, les instruments de musique, les armes, etc.
- LA FREQUENTATION DU MUSEE
Etant de réputation non seulement nationale mais également internationale, le Bardo est quotidiennement visité par les groupes scolaires, les touristes de différentes nationalités et les délégations officielles.
D’autre part, il est vrai que du fait de sa situation au centre ville d’Alger et du parking dont il dispose, le visiteur s’y rend à l’aise et sans le moindre souci.
Son grand jardin, très bien entretenu et également classé avec le monument, offre au visiteur un très beau cadre de repos et de confort. - LES ACTIVITES DU MUSEE
Comme tous les musées du monde, le Musée National du Bardo a pour tâche essentielle la conservation et la valorisation du patrimoine qu’il abrite.
D’autre part, le personnel scientifique du Musée, constitué de Préhistoriens et d’Ethnographes, qui veille à l’accomplissement de cette tâche, est chargé également d’autres activités qui sont :
- Le travail d'inventaire de tous les biens culturels conservés au Bardo (identification de l’objet, marquage, archivage photographique, réalisation des fiches techniques, établissement de registres d’inventaire) ;
- L’enrichissement de ces collections (fouille, achat ou autres) ;
- L’étude de ces collections ;
- Leur publication qui nécessite non seulement un travail bibliographique mais quelques fois aussi des missions sur terrain ;
- Réalisations d’expositions temporaires (depuis quelques années, le Bardo en fait au moins trois par an) ;
- Prise en charge des étudiants préparant des mémoires sur les collections du Bardo ;
- Contribution aux documentaires nationaux et étrangers (chaînes de radio et télévisions) sur le Bardo et ses collections ;
- Les visites guidées.
- LES PROJETS DU MUSEE
Deux projets essentiels sont actuellement en cours de réalisation :
- La restauration de tout le Musée par un bureau d’étude spécialisé ;
- Le réaménagement par le personnel scientifique du Musée de toutes les salles d’exposition. L’objectif de ce projet est d’utiliser non seulement les techniques modernes des expositions mais aussi les méthodes d’exposition qui consiste à faire parler l’objet de lui-même et pour cette cause, le Musée National du Bardo, notamment en ce qui concerne la partie Préhistoire, a opté pour la méthode de la reconstitution.
Avec la salle de Tin Hinan, inaugurée le 18 avril 2005, le Bardo a réussi à faire un premier pas vers le réaménagement.
Adila Talbi
Préhistorienne
Attachée de Conservation et de Valorisation
Musée Natinal du Bardo