Communiqué de Presse n°2/2003
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Fin de la campagne de recherche archéologique sous-marine dans la passe des Fantômes (Tupapaurau) à Moorea - Polynésie française.
Paris - Papeete, 6 avril 2003
A la suite de la découverte par des plongeurs de Moorea, île sur de Tahiti, d'un site contenant de nombreux objets en pierres travaillées et sa déclaration par une association culturelle de Moorea « Na Too E Va'u No Aimeho Nui », présidée par M. Gaston Richmond, une campagne de fouilles a été déclenchée en urgence à la fin du mois de février par Madame Louise Peltzer, Ministre de la Culture, de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche de Polynésie française .
Autorisé par arrêté n° 01/MCE du 04 février 2003, Monsieur Robert Veccella, responsable de l'Antenne du GRAN à Tahiti, a pris en charge l'organisation et la conduite de cette campagne de fouille exhaustive du site qui s'est déroulée du 23 février au 6 avril, avec le soutien de plongeurs et d'archéologues recrutés sur place ou venus de métropole.
L'importance de ce site tient à la fois à ses dimensions : près de 150 mètres par 50 mètres et au nombre d'objets, estimés à plusieurs centaines après plusieurs plongées d'expertise effectuées au mois de janvier.
Si techniquement l'opération ne présentait pas de difficulté majeure hormis la proximité du récif où la houle déferle dès que les vents de secteur Sud se lèvent, le nombre des objets présents sur le site a nécessité une logistique lourde.
Les objets étaient, en très grande majorité, constitués d'ancres de divers types, de poids de pêche destinés à lester les lignes ou les filets, de prismes de basalte et de pierres pouvant provenir de constructions à terre. La répartition de ces derniers objets sur un plateau corallien en bordure de la passe Tupapaurau (la passe des nombreux fantômes) est, en grande partie, due aux mouvements de la houle qui les ont rassemblés dans des failles ou des zones abritées.
Outre la mise en place d'un quadrillage de la zone, permettant l'établissement d'un plan de situation général, l'opération a consisté à étiqueter, positionner et photographier in situ les objets avant de les remonter. Puis, à terre, leurs caractéristiques (description, mesures et poids, etc.) et leur photographie ont été saisies dans une base de données informatisée.Des mesures de conservation initiale (dessalage) et le conditionnement des objets ont été également été effectués sur place. Le nombre des objets remontés avoisine 800, toutefois n'ont été remontés, en dehors d'un carré test, que les pierres présentant une trace de travail. On peut estimer que les pierres d'origine volcanique présentes sur le plateau corallien, et donc étrangères à celui-ci, étaient au nombre d'environ 2500. Outre les objets observés au cours de l'expertise initiale, quatre herminettes (haches de charpentiers) en basalte, un pilon et un décortiqueur de noix de coco (en pierre) ont été trouvés sur le site ainsi que certaines pierres de plus grandes dimensions pourraient provenir d'un lieu de culte polynésien appelé marae.
Il est donc essentiel d'essayer de comprendre la raison de cette accumulation. Plusieurs hypothèses sont en effet possibles :
- l'effondrement pour une cause géologique d'un site habité ;
- le balayage par un cyclone d'un habitat situé sur l'îlot Ahi proche ;
- le rejet volontaire en liaison avec l'évangélisation des îles de la Société ;
- le rejet volontaire dans le cadre d'un rite lié à la pêche ou à la navigation.
Il faut souligner qu'à ces causes générales peut s'être ajouté le résultat de naufrages survenus en cet endroit réputé dangereux.Il a été fait appel à la fois aux biologistes spécialistes des récifs coralliens et aux géologues pour qu'ils apportent leur contribution à l'étude des causes de cette accumulation.
Le chantier a été marqué par l'intérêt particulier porté par la population aux opérations archéologiques et les nombreux contacts auxquels il a donné lieu. Lors de la dernière journée de la fouille, Madame Louise Peltzer a tenu à souligner que ce chantier avait été un succès et qu'elle en félicitait les quatre acteurs : la Commune de Moorea-Maio, l'association « Na Too E Va'u No Aimeho Nui », le GRAN et le Service de la Culture et du Patrimoine en Polynésie pour leur collaboration sans faille.
La presse locale s'est fait largement l'écho des travaux et à l'occasion de cette opération, le Groupe de Recherche en Archéologie Navale a diffusé sur son site Internet archeonavale.org , rubrique Moorea, un Journal de bord quotidien bilingue (français-anglais), relayé par le Ministère français de la Culture, qui est toujours visible.
Contacts :
Robert Veccella
Groupe de recherche en archéologie navale, Polynésie - Tahiti
Email : robert.veccella@archeonavale.org
Tél/Fax : 00 (689) 53 10 85
Max Guérout
Groupe de recherche en archéologie navale, Paris
Email : granmax@archeonavale.org
Pour le Journal sur Internet :
Sébastien Eon
Groupe de recherche en archéologie navale, Paris
Email : granmax@archeonavale.org
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