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n°2

- Les tortues vertes -

Une tortue en phase de ponte
Crédit photo : Jacques Morin
Les oeufs tombent dans le trou
Crédit photo : Jacques Morin

Chaque soir, des tortues vertes sortent de la mer et gravissent avec peine les plages de Tromelin.

Elles creusent un trou à peu près cylindique dans le sable, puis y déposent tout au fond plus d’une centaine de petits œufs ronds.
Au même moment, sortent des trous voisins, où d’autres femelles ont pondu environ deux mois avant, des tortues longues de quelques centimètres (environ 5 cm pour 24 grammes) qui s’efforcent de regagner au plus vite la mer malgré leurs nombreux prédateurs.

Trace du trou, le sable recouvre les oeufs
Crédit photo : Max Guérout
La tortue est retournée vers le rivage
Crédit photo : Jean-Marie de Bernardy de Sigoyer

Tromelin est une réserve naturelle, la plus importante de la région sud-ouest de l'Océan Indien, et l’un des lieux de ponte les plus importants pour les tortues vertes, parfois aussi appelées tortues franches et par les savants Chelonia Mydas.
Cette espèce de tortues est classée parmi celles en voie de disparition et elle est protégée par la Convention de Washington.

Lorsqu'elle a terminé sa ponte, la tortue recouvre les oeufs de sable puis regagne péniblement la mer, souvent épuisée, elle doit faire de longues poses avant de poursuivre sa progression. Il arrive aussi, assez souvent, que la montée sur la plage ne donne pas lieu à une ponte, parce que la tortue n'a pas trouvé d'endroit favorable ou bien parce qu'elle a été gênée par un obstacle.

La tortue progresse vers la mer... lentement... mais sûrement.
Crédit photos : Max Guérout

Pendant la période de ponte, la tortue remonte à terre en général trois fois, à une douzaine de jours d'intervalle, pour mener la ponte à son terme. Il arrive que, trop fatiguées ou désorientées, les tortues n'arrivent pas à regagner la mer avant que le soleil ne culmine, elles meurent alors déshydratées et leurs squelettes parsèment le pourtour de l'île.
A la sortie des oeufs, les petites tortues restent encore quelques jours dans le sable, puis émergent et tentent de gagner la mer; on pense qu'elles sont guidées par le bruit des vagues.

Les petites tortues sortent de leur trou, le temps presse pour atteindre les premières vagues, le trajet n'est pas sans danger.
Crédit photos : Arnaud Lafuma

Une tortue au repos au fond de l'eau
Crédit photo : Cyril d'Andréa

La nuit, sur la plage, leurs principaux prédateurs sont les bernard-l'hermite.
Ces derniers affluent en grand nombre au bord de plage et font un véritable barrage difficile à franchir. Les rats constituaient également l'un des prédateurs des tortues, mais ils ont été pratiquement éradiqués en décembre 2005, à la suite d'une campagne de dératisation.

Crâne d'une tortue
Crédit photo : Max Guérout

De jour, si les bernard-l'hermite se sont mis à l'abri du soleil, les frégates qui patrouillent en permanence fondent sur leurs proies et les emportent dans les airs avant de les gober. En mer, les prédateurs sont également nombreux : requins, carangues en particulier affluent le long des côtes à la période favorable.

La survie de l'espèce est finalement assurée par le grand nombre de petites tortues qui émergent des nids. Sur Tromelin ? elles peuvent atteindre le chiffre impressionnant de 300 000 en un an.

Squelette d'une tortue
Crédit photo : Max Guérout

Les tortues se nourrissent de plancton pendant leur première année, leur croissance est ensuite rapide. On ne connaît pas exactement leur longévité qui est néanmoins estimée à une cinquantaine d'années.

Pendant leur vie, les tortues peuvent effectuer de grand parcours, le baguage des tortues a permis de mettre en évidence certains de ces périples : le record pour une tortue baguée à Tromelin, et retrouvée 8 ans plus tard sur l'atoll d'Europa, est un trajet de 2 250 km.

Rédacteur : Max Guérout

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